22 Avril 2016
La COP21 est terminée... maintenant on se retrousse les manches!
La COP21 s'est clôturée sur un accord historique. 195 pays ont pu s'entendre sur l'objectif de maintenir la hausse de la température moyenne du globe en dessous de la barre des 2 degrés et même de tendre vers les 1,5 degrés. Aujourd'hui, journée internationale de la Terre, cet accord sera signé officiellement...mais c'est maintenant que les choses sérieuses commencent!
On sait que l'objectif est énorme et qu'on ne pourra pas se contenter de mesurettes pour l'atteindre. Mais on sait aussi que nos actions citoyennes peuvent peser dans la balance quand on les multiplie et les additionne.
Peut-on se réjouir des résultats de la COP 21?
Oui, si on considère le beau pas en avant que représente la prise de conscience de l'ensemble des décideurs présents autour de la table par rapport aux changements climatiques et à l'urgence d'agir.
Oui pour la grande campagne de sensibilisation qui a accompagné la COP et touché un large public. Alors qu'il n'était pas toujours facile de se faire entendre sur le sujet il y a encore quelques mois, depuis la COP21, la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles est tout à coup devenue une affaire "entendue". Pourvu que ça dure...
Oui aussi, si on s'arrête aux intentions unanimement votées par les 195 pays participants.
Un peu moins quand même, si on lit le texte de l'accord et se rend compte que:
Un peu moins aussi si on s'intéresse aux plans climat déposés sur la table par 188 pays (représentant environ 95% des émissions de gaz à effet de serre et plus de 97% de la population mondiale), qui - si ils sont suivis - nous entraînent vers une hausse de température catastrophique d'environ 3 degrés, et correspondent à moins de 50% des efforts qui devraient être consentis pour rester sous la barre des 2 degrés, déjà très problématique.
Beaucoup moins encore, quand on décortique ces plans climat et voit sur quoi ils reposent...
Il faut arrêter de se laisser croire que la solution pourra venir du seul recours aux énergies renouvelables. Nos modes de fonctionnement actuels sont tellement énergivores, et donc dépendants d'une énergie abondante et bon marché, qu'ils ne sont tout simplement pas compatibles avec le potentiel de ces énergies renouvelables sur terre. C'est une question d'échelle et de limites physiques. Dans le domaine des transports, par exemple, qui représente environ 20% de nos émissions de gaz à effet de serre, si nous voulions au niveau de la Belgique ne fut-ce que remplacer 30% du parc automobile par des véhicules électriques, il faudrait pour les alimenter environ 30 km² de panneaux solaires ou 800 grandes éoliennes...ou une centrale nucléaire supplémentaire dans le pays. Et un réseau de distribution électrique capable de le supporter! Pour produire la consommation électrique européenne, il faudrait installer l'équivalent de 120 années de production actuelle de panneaux solaires! Sans parler de la disponibilités en métaux et autres composants nécessaires à ces technologies.
Sommes-nous impuissants face au réchauffement de la planète?
Certainement pas!
Bien au contraire. Si nos décideurs restent frileux et, confrontés au poids des lobbies, ne peuvent se dépétrer d'un modèle de société devenu obsolète, la société civile, les communautés locales, peuvent, par leurs choix, leurs orientations, prendre les devants et enclencher la transition en faveur d'un nouveau modèle qui vise la satisfaction des besoins sociaux dans les limites de nos écosystèmes.
Si nous voulons atteindre les objectifs fixés, nous devons en Europe réduire nos émissions de gaz à effets de serre de l'ordre de 80 à 95% de ce qu'elles sont actuellement. Ce n'est pas rien et cela ne pourra pas se faire sans un profond changement de nos modes de consommation.
Mais ce ne sera pas triste pour autant!
Alors à vos calculatrices.
Quand on s'intéresse à la répartition moyenne de nos émissions de gaz à effet de serre on voit qu'elles se distribuent essentiellement entre le transport (1/5ème), le chauffage (1/5ème), l'industrie (près de 50% dont une bonne partie pour la production d'énergie), l'agriculture (1/10ème) et les déchets.

Données 2013, source, www.climat.be, site fédéral belge.
Environ 1/5ème de nos émissions sont liées aux transports. Transport de personnes mais aussi de marchandises. En réduisant et organisant nos déplacements (transports en commun, mobilité douce, co-voiturage), en consommant plus localement grâce aux circuits courts, en achetant dans les petits commerces locaux plutôt que la grande distribution, en réduisant nos déchets, on réduit les kilomètres, la consommation d'énergie, et en prime, on redynamise l'économie locale, et renforce les liens sociaux.
Nos habitations et bureaux interviennent dans environ 1/5ème de nos émissions. Là aussi nous pouvons intervenir, en isolant, en optant pour un gros pull et quelques degrés de moins,...
L'agriculture produit environ 1/10eme de nos émissions. La consommation énergétique du secteur n'y contribue que très partiellement (moins de 15%). En agriculture, les émissions de gaz à effet de serre sont surtout liées au protoxyde d'azote qui se dégage des sols suite à leur fertilisation, au méthane provenant de la digestion des animaux et aux émanations de méthane et de protoxyde d'azote provenant des déjections de ces derniers. En réduisant notre consommation de viande, en soutenant des modèles agricoles moins énergivores, moins dépendants des ressources nos durables et plus respectueux de nos écosystèmes, en soutenant la production locale, nous participons à la réduction de ces émissions.
Quant-aux émissions de l'industrie, elle sont en grande partie liées à nos consommations de biens et d'énergie. Par nos choix de consommation, nous pouvons donc en réduire l'impact.
Individuellement, chacun de nous peut donc agir sur ces différents points.
Un bon moyen d'avoir une idée de notre impact et de voir comment nous pouvons réduire nos émissions (de 80 à 95%!) consiste à utiliser un calculateur d'empreinte écologique.
Plusieurs calculateurs sont disponibles sur le net, avec différents niveaux de précisions. Sans être parfaits, ils permettent néanmoins une bonne approche pour estimer l'impact de nos modes de vie sur le climat.
Quelques exemples:
http://calculators.ecolife.be/nl/calculator/bereken-je-ecologische-voetafdruk le calculateur du WWF Belgique-France. Simple et rapide, les choix de réponses manquent cependant parfois de précision.
http://www.wwf.ch/fr/agir/vivre_mieux/calculateur_d_empreinte/ le calculateur WWF Suisse. Beaucoup plus précis et donc théoriquement plus juste. Permet d'encoder vos consommations énergétiques exactes. Moins précis pour les biens de consommation...
http://www.earthday.org/footprint-calculator Possibilité de répondre rapidement ou plus dans le détail. Assez précis. Ne permet pas de préciser vos dépenses énergétiques réelles. Prend en compte le niveau de consommation de biens matériels,...
Collectivement, nous pouvons encore plus!
A l'échelle locale déjà, nous pouvons changer nos comportements, et créer un effet boule de neige, par exemple... en participant à un projet de Transition!
Avec Soignies en Transition, vous pouvez par exemple:
ALORS HAUTS LES COEURS, NOUS N'AVONS PAS DIT NOTRE DERNIER MOT!
Si vous souhaitez en savoir plus, vous impliquer dans un de nos projets ou nous en proposer de nouveaux, vous pouvez nous le faire savoir par mail: soigniesentransition@hotmail.fr ou téléphone: 0473/56.01.62.