5 Avril 2018

Le Troc aux Plantes est là, vous voulez participer et vous vous dites que vous n’avez pas de plantes à partager !
Pas de panique, il y a plein de solutions dans le jardin, sur les appuis de fenêtre ou dans votre boîte à semences. Suivez les conseils des Jardiniers Complices !
Tout d’abord, le début du printemps est la période idéale pour diviser les vivaces du jardin.

Premier cas de figure : les plantes de type couvre-sol qui se propagent à plus ou moins grande vitesse grâce à leurs rhizomes ou leurs stolons. Il suffit généralement de prélever quelques rejets et de les rempoter immédiatement. Les candidates : pervenche, bugle rampant, lysimaques, campanules, céraiste, aubriète, alysse saxatile (corbeille-d’or), asters, achillées, phlox mousse, muguet, anémones, marguerites, hémérocalles, géraniums rustiques, renouée bistorte… et toutes les petites plantes grasses.

Deuxième cas : les vivaces qui poussent en touffes et dont la floraison s’affaiblit si on ne les divise pas à intervalles réguliers. Pour celles-là, il vaut généralement mieux déterrer la touffe complète et la diviser en plusieurs quartiers. Ce sont les parties périphériques qui donneront de belles plantes, la partie centrale est souvent épuisée.

Plusieurs techniques en fonction des racines seront utiles. Le plus simple est de trancher la touffe à la bêche mais on peut s’aider de deux fourches-bêches mises dos-à-dos pour démêler les racines. Les candidates : marguerites, astrance, coréopsis, gaura, rudbeckia, héliopsides, hélénie, delphinium, physostegia, cataire népéta… Attention à ne diviser que des touffes volumineuses. Certaines plantes demandent un intervalle de 3 ou 4 ans entre chaque division.

Les hostas ou les lupins, qui ont des racines charnues, gagnent à être divisés avec une lame bien affûtée. Ce sera également le cas pour les plantes aux racines ligneuses comme la ligulaire, les barbe-de-bouc ou les astilbes…

A noter que certaines plantes sont sur la liste des invasives à ne pas diffuser : solidages, boltonie, asters lancéolés, rudbeckia lacinés...
C’est le moment de diviser les perce-neiges, narcisses précoces et crocus défleuris avant que leur feuillage disparaissent. Rempotez-les et indiquez clairement de quoi il s’agit car bientôt plus rien ne sera visible.
Les souches de dahlias, de bégonias ou de belle-de-nuit conservées d’une année à l’autre grossissent de plus en plus et permettent de les diviser pour obtenir de nouvelles plantes. Dès que les dahlias (et les belle-de-nuit) germent, on divise les racines en conservant au moins une pousse par division. Le principe est le même pour le bégonia sauf qu’il s’agira cette fois de découper le tubercule en gardant 2 ou 3 yeux par division (un peu comme pour les pommes de terre). Il est prudent de poudrer de charbon de bois pulvérisé les parties fraîches du tubercule et de le laisser sécher à l’air un ou deux jours avant de le replanter.
La plupart des plantes grimpantes s’enracinent spontanément lorsque les branches touchent le sol. On récupérera donc souvent des marcottes spontanées autour des chèvrefeuilles, jasmin d’hiver, glycines, certaines clématites. La plupart des arbustes se marcottent aisément aussi. C’est d’ailleurs une technique très simple de multiplication : enterrez une branche dans le sol après avoir légèrement entamé l’écorce et vous aurez beaucoup de chances d’obtenir un nouvel arbuste la saison suivante.
Plusieurs arbustes émettent des rejets qui peuvent être séparés à cette saison : lilas, spirées, hortensias.

On évitera les invasives tel que spirées de Douglas, bambous, sumacs, renouée du Japon...
soucis, bourrache, myosotis, monnaie-du-Pape … De nombreuses plantes rustiques se ressèment spontanément au jardin et fournissent une abondance de plantes à partager. Inutile, par contre, d’essayer de déplacer les pavots et coquelicots : ils détestent être dérangés.
Les plantes d’intérieur aussi se divisent, se bouturent ou font des rejets. Les plantes grasses, les misères, les phalanstères, entre autres, sont des championnes en matière de mini-plantes à repiquer. Si nécessaire, elles se bouturent aussi très vite. Pensez aussi aux plantes hivernées dont on peut bouturer les jeunes pousses : fuchsia, pélargonium, lantanier, impatientes pour ne citer que les plus courantes.

Les règles sont les mêmes que pour les fleurs.
Les aromates à diviser sans vergogne : menthes, mélisse, estragon, ciboules et ciboulettes, origan, marjolaine. Les pieds volumineux de livèche ou de rhubarbe peuvent être éclatés. Sur le raifort, on prélèvera un morceau de racine qui donnera facilement une nouvelle plante. Les choux vivaces se bouturent facilement et très rapidement. Il suffit de repiquer une pousse de chou daubenton dans un petit pot de terre humide et la bouture sera enracinée en deux semaines.

Champion aussi de la bouture, le rau ram, ou « coriandre vietnamienne » (en réalité, une persicaire). Le moindre bout de tige dans l’eau ou dans un peu de terreau humide racinera en quelques jours. Une expérience à tenter aussi avec d’autres fines herbes hivernées : basilic, stévia, verveine citronnelle, géranium citronnelle…

Côté rejets, on peut compter sur les framboisiers ou les pruniers ; et pour les marcottes spontanées, les mûriers sans épines s’y prêtent bien... sans oublier les fraisiers!
